L’Observatoire de la laïcité de l’Allier s’insurge contre la venue du pape et surtout contre son traitement médiatique sur des chaînes publiques. Mais également contre la réaction de l’État.
L’Observatoire de la laïcité de l’Allier est mécontent du « traitement médiatique disproportionné » sur la venue du pape Léon XIV en France. « Le pape a cette double casquette de chef d’État et de chef religieux, cette visite avait bien lieu en tant que chef religieux », détaille Thierry Dumont, président de l’Observatoire. Le fait que le Président ait finalement assisté à la messe à Metz ne passe pas : « La République ne reconnaît aucun culte », rappelle Michel Augustin, secrétaire.
Le Président avait déjà assisté à la messe pour l’inauguration des travaux et la réouverture de Notre-Dame : « Les autorités catholiques et le gouvernement s’attachent à respecter à la limite de la loi. Par exemple pour l’inauguration de Notre-Dame, on peut dire que l’État est propriétaire et donc qu’il est normal que le président de la République y soit présent, mais l’inauguration pouvait se faire sans que ce soit une messe », estime le bureau de l’Observatoire de la laïcité qui poursuit : « Entre le juridique et le symbolique, il y a une très grande différence. Ce qu’ont perçu les Français c’est qu’il faut tenir compte du catholicisme même si on n’est ni pratiquant ni croyant. Et que la laïcité est une entrave à la liberté de conscience. Alors que c’est tout le contraire ». « La loi de 1905 permet de dire qu’aucune religion n’est supérieure à une autre et elle garantit la liberté de conscience. Quand elle a été mise en place, il y avait un souci d’apaisement, une volonté de fraternité, de liberté et d’égalité », expliquent Daniel Bloux, trésorier et Thierry Dumont.
Loi de 1905
« Quand le pape lors de sa venue se fait l’apôtre d’une juste laïcité, c’est un non-sens. La laïcité n’a pas besoin d’adjectifs pour la qualifier. Dans son idée, c’est que l’État soit partenaire des religions. Mais la Laïcité ce n’est pas ça. Une juste laïcité ce n’est juste pas la laïcité », dénonce le président de l’Observatoire.
Et en dehors des faits, c’est le traitement de l’information sur les chaînes publiques qui irrite le bureau de l’Observatoire de la laïcité. « 40 heures de direct sur France 2. Des confessions qu’on a vues en direct à la télé filmées en plaine rue… ».
« On va sûrement nous traiter de laïcards. Ça a une connotation péjorative mais en fait c’est juste une volonté d’appliquer la loi », explique Daniel Bloux. L’Observatoire de laïcité de l’Allier a un rôle de vigie. Un rôle qu’il exerce en dénonçant cette venue mais aussi de manière plus locale. Comme lors de la polémique des enfants des écoles de Commentry pour chanter Les Mains d’or, de l’artiste stéphanois Bernard Lavilliers, en mars, lors du concert de l’Harmonie commentryenne, en soutien aux salariés d’Erasteel.
Mais l’action la plus visible et la plus connue reste l’arbre de la laïcité. La plantation est toujours précédée d’un travail en classe en amont. L’Observatoire peut prêter une exposition qui peut servir de support aux enseignants. C’est lui qui finance l’arbre et la petite plaque apposée dessus. « À la fin de l’année, nous devrions être à une centaine d’arbres plantés soit un tiers environ des communes de l’Allier. Au début, c’était à nous d’aller vers les maires et désormais ce sont eux qui viennent à nous, notamment depuis le drame de l’assassinat de Samuel Paty », résume Thierry Dumont.
L’Observatoire a également pour projet la projection du film L’abandon concernant l’histoire de Samuel Paty dans les collèges et lycées pour amener le débat.
Journal La Montagne Edition Moulins du 6 octobre 2026
